Journée mondiale de la physiothérapie 2026 : comment la taVNS pourrait soutenir la rééducation après un AVC et la neuroplasticité

Le 8 septembre marque la Journée mondiale de la physiothérapie, une occasion internationale de saluer les professionnels qui aident les personnes à retrouver leurs mouvements, à reprendre confiance et à regagner en autonomie. Le thème de la Journée mondiale de la physiothérapie 2026 met l’accent sur le rôle de la physiothérapie et de l’activité physique dans la prévention, la prise en charge et la réadaptation des maladies cardiovasculaires et des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Un AVC peut affecter le mouvement, l’équilibre, la coordination, la sensibilité, la déglutition, la communication, les fonctions cognitives et le bien-être émotionnel.
Pour de nombreuses personnes ayant subi un AVC, la récupération se manifeste dans des gestes du quotidien qui semblaient autrefois automatiques — soulever une tasse, ouvrir la main, boutonner un vêtement ou faire un pas — mais qui peuvent désormais demander concentration, répétition et accompagnement.
Les kinésithérapeutes et les autres professionnels de la rééducation aident à transformer les objectifs de chaque personne en activités sûres, utiles et répétables. Il peut s’agir d’atteindre un objet, de travailler les transferts, de marcher, d’améliorer l’équilibre ou de réapprendre les mouvements nécessaires à la vie quotidienne.

La récupération après un AVC est un processus de réapprentissage

La kinésithérapie après un AVC ne consiste pas simplement à renforcer les muscles. Elle offre aussi au système nerveux des occasions répétées de se réorganiser et de s’adapter, une capacité appelée neuroplasticité.
Après un AVC, les zones non lésées et les réseaux neuronaux préservés peuvent progressivement assumer de nouveaux rôles. La rééducation soutient ce processus grâce à une pratique répétée et spécifique à la tâche.
La répétition est particulièrement importante lorsque la pratique est intentionnelle, suffisamment stimulante et liée à une tâche qui a du sens. Les chercheurs s’intéressent donc aux moyens de renforcer l’activité neuronale associée à chaque mouvement.
Tendre la main vers une tasse, tourner l’avant-bras, ouvrir les doigts ou porter de la nourriture à la bouche ne sont pas de simples exercices. Ce sont des gestes fonctionnels liés à l’autonomie.
Cela soulève une possibilité intéressante : si le système nerveux pouvait recevoir un signal supplémentaire au moment même où un mouvement utile est effectué, ce signal pourrait-il renforcer la réponse du cerveau à l’entraînement ?
C’est ici que la stimulation du nerf vague couplée au mouvement devient particulièrement intéressante.

Qu’est-ce que la taVNS ?

La stimulation transcutanée auriculaire du nerf vague (taVNS) est une approche de neuromodulation non invasive qui délivre une stimulation électrique douce au niveau de certaines zones de l’oreille externe associées à la branche auriculaire du nerf vague.
Contrairement à la stimulation implantée du nerf vague, la taVNS ne nécessite ni intervention chirurgicale ni électrode placée autour du nerf vague cervical.
On pense que la stimulation de la branche auriculaire engage des voies afférentes se dirigeant vers le noyau du tractus solitaire dans le tronc cérébral. À partir de là, ces voies peuvent influencer des systèmes cérébraux plus larges impliqués dans l’éveil, l’attention, la régulation autonome, l’apprentissage et la neuroplasticité.
Comme la taVNS est non invasive et peut être appliquée de façon répétée, les chercheurs étudient de plus en plus son potentiel comme complément à la rééducation conventionnelle après un AVC.
Le mot essentiel est complément. La taVNS n’a pas vocation à remplacer l’entraînement moteur, la kinésithérapie, l’ergothérapie ou les soins médicaux. Son intérêt potentiel pourrait résider dans sa capacité à soutenir la réponse du cerveau à ces interventions.

Pourquoi associer la taVNS à la rééducation pourrait être utile

Plutôt que d’appliquer la stimulation sans tâche précise, les chercheurs étudient si la taVNS devrait être couplée à des mouvements fonctionnels comme tendre la main, saisir, tourner l’avant-bras, pincer ou relâcher un objet.
Une façon de comprendre ce concept consiste à envisager la stimulation comme un possible signal neurologique indiquant « ceci est important ».
Lorsqu’une impulsion de taVNS se produit en même temps qu’un mouvement, elle pourrait contribuer à renforcer les réseaux neuronaux actifs pendant cette action précise. Avec des associations répétées, le cerveau pourrait mieux reconnaître et renforcer les voies liées au mouvement.
Dans ce modèle, la stimulation n’effectue pas le mouvement à la place du patient. La participation active de la personne reste essentielle.
C’est aussi pourquoi les systèmes en boucle fermée suscitent de l’intérêt. Au lieu de délivrer la stimulation selon un rythme fixe, un système en boucle fermée peut détecter l’activité musculaire propre du patient et déclencher la stimulation en réponse au mouvement lui-même.

Que dit la recherche ?

Les recherches actuelles suggèrent que l’intérêt potentiel de la taVNS pourrait dépendre moins de la stimulation seule que de la manière dont elle est associée à la rééducation.
Une revue systématique et méta-analyse de 2026 a inclus 16 essais contrôlés randomisés portant sur 708 personnes après un AVC. L’analyse a montré que la taVNS associée à un entraînement par l’exercice était liée à des améliorations de la fonction motrice du membre supérieur et de l’autonomie dans les activités de la vie quotidienne par rapport aux interventions témoins.
Concrètement, l’objectif n’est pas seulement d’améliorer un score clinique. Il s’agit de rendre plus accessibles des gestes comme tendre la main, saisir, relâcher un objet ou utiliser le bras atteint au quotidien. Cette distinction est importante : la taVNS est étudiée comme un moyen de soutenir une rééducation active, et non comme un traitement passif qui restaurerait le mouvement à lui seul.
Les données sont prometteuses, mais elles ne sont pas encore définitives. La plupart des essais restent relativement petits, et le moment de la stimulation, son intensité, la durée du traitement, la phase après AVC et les activités de rééducation varient considérablement. La conclusion la plus prudente est que la taVNS couplée au mouvement mérite d’être étudiée davantage comme complément à une rééducation structurée après AVC, tandis que les protocoles optimaux et les patients les plus susceptibles d’en bénéficier restent à déterminer.

Comment la taVNS pourrait-elle soutenir la neuroplasticité ?

Les mécanismes précis de la taVNS font encore l’objet de recherches, mais les données actuelles suggèrent plusieurs voies possibles.

1. Mobiliser les systèmes neuromodulateurs

Les signaux vagaux atteignent le noyau du tractus solitaire, qui communique notamment avec le locus coeruleus et le prosencéphale basal.
Ces systèmes influencent la libération de neuromodulateurs tels que la noradrénaline et l’acétylcholine. Tous deux interviennent dans l’attention, l’apprentissage, la mémoire et la plasticité dépendante de l’expérience.

2. Relier les signaux neuromodulateurs à la pratique motrice

Lorsque la taVNS est synchronisée avec un mouvement, ces systèmes neuromodulateurs peuvent influencer les réseaux moteurs actifs à ce moment-là.
Ce lien temporel pourrait aider à orienter la plasticité dépendante de l’expérience vers les circuits entraînés, même si sa pertinence clinique reste à l’étude.

3. Favoriser un état cérébral plus réceptif à l’entraînement

Les recherches préliminaires examinent également si la taVNS peut influencer l’éveil, l’attention, la régulation autonome et les signaux inflammatoires. Ensemble, ces effets pourraient contribuer à créer des conditions plus favorables à la rééducation et à l’apprentissage moteur, même si les mécanismes et leur pertinence clinique sont toujours étudiés.

La taVNS est-elle sûre après un AVC ?

La taVNS est non invasive et a généralement été bien tolérée dans les recherches cliniques. Une revue systématique sur la sécurité n’a trouvé aucune différence significative du risque global d’événements indésirables entre la taVNS active et les conditions témoins. Les effets rapportés sont généralement légers et temporaires, comme des picotements ou une gêne autour de l’oreille, une irritation cutanée, des maux de tête ou des vertiges.
Chez les personnes en récupération après un AVC, l’adéquation de la taVNS doit toutefois être évaluée individuellement. Les antécédents cardiovasculaires, les dispositifs électroniques implantés, l’état neurologique et d’autres facteurs médicaux peuvent influencer l’utilisation de la neuromodulation. Les paramètres de stimulation et les protocoles utilisés dans les études ne doivent pas être reproduits sans accompagnement professionnel.
Il est également important de distinguer la taVNS de la stimulation du nerf vague implantée chirurgicalement. Aux États-Unis, un système de VNS implanté couplé à la rééducation est autorisé pour un groupe précis de personnes présentant un AVC ischémique chronique et une atteinte modérée à sévère du membre supérieur. Cette autorisation ne s’étend pas à la taVNS non invasive ni aux dispositifs de bien-être disponibles dans le commerce.
Toute personne envisageant la taVNS après un AVC devrait d’abord en parler avec son médecin, son kinésithérapeute ou son équipe de rééducation. À ce stade, la taVNS doit être considérée comme un complément émergent à une rééducation encadrée par des professionnels, et non comme un substitut aux soins médicaux, au traitement prescrit ou à l’entraînement moteur actif.

Ensemble pour une meilleure récupération après un AVC

Le rôle futur éventuel de la taVNS dépendra de sa capacité à soutenir — et non à remplacer — les mouvements fonctionnels, la répétition, l’accompagnement professionnel et l’effort actif du patient.
Les kinésithérapeutes et l’ensemble de l’équipe de rééducation restent au cœur de ce processus. Ils déterminent quels mouvements comptent, comment adapter une tâche, quand une aide est nécessaire et si les progrès se traduisent par une plus grande autonomie.
Chez ZenoWell, nous pensons que l’avenir de la neuromodulation va au-delà de la stimulation seule. Il réside dans la compréhension de la manière dont des signaux précisément synchronisés, associés à des mouvements fonctionnels, pourraient soutenir la capacité du cerveau à apprendre et à s’adapter.
C’est également là que ZenoWell Luna Plus présente un avantage pratique. En proposant la taVNS auriculaire dans un format portable et non invasif, Luna Plus facilite l’utilisation de la stimulation à domicile et son intégration dans une routine quotidienne régulière. Pour les personnes en récupération après un AVC, cette accessibilité peut être particulièrement pertinente lorsque la taVNS est envisagée dans le cadre d’un programme de rééducation encadré par des professionnels. Luna Plus ne remplace ni la kinésithérapie, ni l’ergothérapie, ni les soins médicaux, ni l’entraînement moteur actif, et toute utilisation après un AVC doit être discutée avec l’équipe de rééducation.
Parallèlement à cet objectif d’accessibilité, nos équipes de R&D et de recherche scientifique étudient activement comment intégrer plus précisément la taVNS couplée au mouvement à la rééducation après AVC. En 2024, des chercheurs affiliés à BrainClos, avec des collaborateurs universitaires et cliniques, ont publié dans Frontiers in Neurology un protocole d’essai randomisé en double aveugle portant sur 150 participants. Cette étude en boucle fermée déclenchée par EMG est conçue pour comparer la taVNS synchronisée avec le mouvement du membre supérieur, la taVNS avant l’entraînement et une stimulation factice. Les résultats cliniques de cet essai n’ayant pas encore été publiés, ces travaux doivent être considérés comme une orientation de recherche en cours plutôt que comme une preuve d’efficacité clinique. Les lecteurs intéressés peuvent consulter le protocole complet.
À l’occasion de la Journée mondiale de la physiothérapie, nous rendons hommage aux kinésithérapeutes, chercheurs, patients, aidants et familles qui rendent la récupération possible — en transformant les efforts répétés en mouvements utiles, puis ces mouvements en davantage d’autonomie.

Références

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